Gladys Escalante et Rocío Oropeza s'engagent contre la violence à l'égard des femmes.

Gladis Escalante dirige le centre de consultation communal (SLIM) de Desaguadero, une commune de tout juste 7000 habitants à 100 km de la capitale de la Bolivie, La Paz. Le SLIM prodigue un soutien psychosocial et juridique aux femmes victimes de violences. Depuis huit mois, la commune accueille en outre un réseau contre la violence, pour le plus grand bonheur de Gladis Escalante : « Les violences à l’encontre des femmes sont fréquentes dans notre commune. C’est dire si la prévention revêt une priorité élevée. Or, pour pouvoir se défendre, les femmes doivent connaître leurs droits. C’est là que le réseau joue un rôle tout à fait capital. » Avant la mise en place du réseau, Gladis Escalante se sentait parfois dépassée par l’ampleur des besoins. « Deux mains ne suffisaient pas pour tout faire. Aujourd’hui, nous pouvons mettre sur pied diverses manifestations et ateliers, nous atteignons un public bien plus large et nous avons amélioré la prise en charge des victimes. » La coordination via le réseau, qui associe autorités et organisations de la société civile, permet une collaboration plus efficace entre le SLIM, le centre de prévention et santé et la police. « Vu ses bons résultats, le réseau est connu jusque dans les villages reculés. » La prochaine étape consistera à ancrer la lutte contre la violence dans la réglementation communale, pour obliger les autorités à réserver des fonds à cette fin.

Participation des hommes et des médias

Pour changer durablement les mentalités, la participation des hommes est particulièrement importante, estime Gladis Escalante : « Le réseau comprend un groupe d’hommes qui organisent des ateliers et parlent avec d’autres hommes, au travail ou dans un cadre amical. Ils leur expliquent les conséquences négatives du machisme pour les femmes et pour les familles, mais aussi pour la vie des hommes eux-mêmes. » Pour que la violence faite aux femmes s’arrête, il est indispensable que les hommes modifient leur comportement.

Pour diffuser aussi largement que possible les messages de prévention et l’information, le réseau fait également appel à des journalistes comme Rocío Oropeza. Cette journaliste radio appartient au réseau de Tolata, une commune de 5500 habitants à proximité de Cochabamba. « Les médias permettent d’atteindre un cercle bien plus large qu’un atelier. Notre radio touche des catégories de personnes très différentes, de la maraîchère au chauffeur, en passant par les jeunes, et permet de lancer le débat sur le thème de la violence. Les gens se sentent concernés, veulent en savoir plus sur le sujet et s’engagent contre la violence dans leur environnement immédiat. »

Actifs là où la violence sévit

Les réseaux sont actifs au coeur même des communes, là où la violence a lieu. Solidar Suisse a mis sur pied un total de 60 réseaux dans tout le pays. Des femmes, des voisins, des jeunes, ainsi que des représentants des autorités et médias s’engagent de façon bénévole pour protéger les femmes, accompagner les victimes et poursuivre les coupables. Et les résultats sont là, se réjouit Gladis Escalante : « Les réseaux contribuent à ce que la violence ne soit plus considérée comme naturelle, et à dénoncer les auteurs de violence. Ils aident les victimes à trouver le soutien dont elles ont besoin et à ce que les droits des femmes ne soient plus violés sous le prétexte fallacieux de la coutume. » Les campagnes de prévention commencent ainsi à porter leurs premiers fruits.

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