Ce n'est qu'en donnant une voix aux bénéficiaires que les véritables besoins peuvent être pris en compte. Solidar Suisse s'engage au Mozambique dans ce sens.

2003 est une année importante pour la démocratie au Mozambique. C’est en 2003 en effet que cet État d’Afrique australe a promulgué une nouvelle loi permettant aux citoyens de participer, dans leur district, aux décisions portant sur les plans de développement et les budgets publics. Tout sauf une évidence dans un pays traditionnellement centralisé : les décisions sont prises à Maputo, la capitale, puis transmises sous forme de directives aux provinces et aux districts. Les gouvernements locaux ne sont pas élus mais choisis par le parti gouvernemental Frelimo. Désormais, la population exerce le droit nouvellement accordé. Elle prend part aux décisions consistant par exemple à choisir où sera creusé un nouveau puits ou à mieux équiper le poste sanitaire local. Elle le doit aussi à Solidar Suisse : depuis plus d’une décennie, nous aidons la population à prendre part à des processus décisionnels cruciaux. Solidar assume le prix des déplacements de représentants de la société civile villageoise se rendant à diverses séances et forme des délégués gouvernementaux locaux à une conception plus participative de la planification.

Les gens veulent avoir leur mot à dire

Une scène qui s’est passée à Estaquinha, dans le district de Búzi, à 700 kilomètres au nord de Maputo dans le centre du pays, est restée gravée dans mon esprit : une femme demande la parole devant l’assemblée communale et reproche d’une voix ferme à l’autorité du district le fait que les projets prévus pour l’année sui­vante ne correspondent en rien à ce qui avait été discuté à la séance précédente. Cet avis courageux d’Adela Sithole illustre bien que les gens veulent avoir leur mot à dire  et qu’ils se mettent en colère quand on les ignore. « Nous sommes ici pour défendre les intérêts de nos communautés villageoises. Nous devons dire clairement ce que nous voulons. C’est le seul moyen de faire en sorte que l’argent public soit judicieusement investi », lance-t-elle.

Malheureusement la guerre civile larvée qui, ces trois dernières années, a particulièrement touché la région de pro­jet de Solidar, dans le centre du pays, a beaucoup freiné la participation démo­cratique. La liberté d’opinion est toujours davantage mise sous l’éteignoir ; par peur de la répression, les gens n’osent plus défendre ouvertement leurs points de vue. Les personnes s’exposant politiquement risquent de payer cet engagement de leur vie. Une trêve fragile règne depuis la fin 2016. Solidar s’emploie à maintenir les structures de participation établies pour que les gens puissent s’inspirer des expériences passées et qu’à l’avenir également des personnes courageuses comme Adela Sithole puissent prendre fait et cause pour de meilleurs services publics dans leurs villages.

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