20 Aug 15
Lionel Frei

Le ministère du travail qatari a repoussé encore une fois, et à la dernière minute, une loi visant à mieux protéger les travailleurs migrants.

Le «Système de protection des salaires» (WPS) - un système obligatoire de paiement électronique des salaires - devait initialement entrer en vigueur mardi 18 août, après six mois de délai accordé aux entreprises afin qu’elles aient le temps de s’adapter à la nouvelle réglementation. Ce système devait mieux réglementer le paiement des salaires des ouvriers travaillant sur les chantiers de la future Coupe du monde 2022, en imposant des amendes et des poursuites pénales à l’encontre des entreprises qui ne paient pas leurs ouvriers à temps. Des retards largement répandus, puisque selon une étude publiée en 2013, 21% des travailleurs recevaient leur salaire en retard.

Le système a été repoussé au 2 novembre 2015 par le gouvernement sous prétexte que certaines entreprises n’étaient toujours pas prêtes.

Depuis plusieurs années, Solidar et de nombreuses ONG dans le monde, ont demandé au gouvernement du Qatar et à la FIFA d’améliorer les conditions de travail désastreuses prévalant sur les chantiers de ce qui sera la Coupe du monde la plus chère de l’Histoire. Suite aux pressions, le gouvernement s’était engagé à des améliorations, jusqu’à présent toujours reportées.

Afin de construire les infrastructures nécessaires à l’événement sportif, le Qatar emploie plus de 250'000 ouvriers migrants en provenance d’Asie du Sud (Népal, Sri Lanka, Inde, …). Ceux-ci cherchent à gagner un peu d’argent afin de soutenir leur famille restée au pays. Or les conditions de travail à leur arrivée se révèlent la plupart du temps désastreuses. Outre les retards de paiements, l’absence de sécurité sur les chantiers a déjà conduit à la mort de plus de 1000 ouvriers. Par ailleurs, le système de « kafala »,  empêche l’employé de quitter le pays ou de changer d’entreprise sans l’autorisation de son employeur. Un système qui correspond à une forme d’esclavage moderne.

Faisons pression pour mettre un terme à ce scandale ! Signez notre pétition pour que la FIFA adopte enfin une Charte de responsabilité sociale.

Crédit photo: Richard Messenger

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