16 Feb 21
Lionel Frei

UNE TRANSITION POST-COVID EQUITABLE POUR PLUS DE JUSTICE SOCIALE

Le monde souffre actuellement de plusieurs crises parallèles et liées entre elles: crise économique, environnementale et sociale avec des niveaux d’inégalité croissants et des centaines de millions de personnes, en particulier les femmes dans le secteur informel, qui s’enfoncent dans la pauvreté, perdent leur emploi, leurs moyens de subsistance et leur logement.

La pandémie du COVID-19 a à la fois déclenché et révélé la non-durabilité du modèle de développement actuel et les inégalités existantes.

Elle a mis en évidence les disparités massives en termes d’accès à la protection sociale universelle, à une éducation et à des soins de santé de qualité, ainsi que la précarité croissante du monde du travail notamment due à la déréglementation continue. Dans le même temps, partout dans le monde, les organisations de la société, les syndicats et les défenseurs·euses des droits humains dénoncent les restrictions à l’espace civique et à la liberté d’expression.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 250 millions de personnes par an sont confrontées à de terribles difficultés financières en raison d’un accès inabordable aux soins de santé. L’OMS met également en garde contre les inégalités d’accès au vaccin contre le COVID.

En matière d’éducation, deux tiers des enfants en âge scolaire dans le monde n’ont pas de connexion internet à leur domicile ou fréquentent des écoles dont l’infrastructure numérique est insuffisante. Ce fossé numérique les prive d’un accès essentiel à leur éducation.

L’impact de la pandémie sur le monde du travail a été particulièrement dur pour les femmes. En particuliers celles qui travaillent dans l’économie informelle3 sont souvent exposées à des conditions de travail dangereuses et se retrouvent sans revenu, ni sécurité sociale.

La reprise post-COVID devra s’appuyer sur une transition juste pour avancer vers un avenir durable en mesure d’aborder et de faire face aux crises actuelles et à l’avenir.

Dans ce contexte, à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale (20 février), le réseau SOLIDAR appelle toutes les forces progressistes à se rassembler pour promouvoir une transition juste vers un avenir durable et appelle à une reprise post-COVID socialement juste comprenant

  1. Des mesures de redistribution des richesses : alors que les inégalités augmentent, des politiques publiques doivent être mises en place pour assurer une redistribution équitable des richesses et des services publics forts, notamment une politique de santé et éducative de qualité pour toutes et tous. En outre, un engagement public fort est nécessaire pour garantir un accès universel et égal aux traitements contre le COVID.
  2. Des socles et systèmes de protection sociale universelle garantissant un revenu minimum adéquat et l’accès aux services essentiels pour toutes et tous. À cet égard, la création d’un Fonds de protection sociale pour les pays les moins riches doit être une priorité. En outre, des salaires minimums adéquats doivent être adoptés. Il s’agit d’une mesure efficace et éprouvée pour lutter contre la pauvreté des travailleurs·euses.
  3. Un nouveau contrat social alliant justice sociale et environnementale : il n’y a pas d’emplois sur une planète morte et une transition verte n’est pas possible sans droits sociaux et du travail, notamment des négociations collectives fortes, un dialogue civique, des services publics de santé, d’éducation et d’autres services universels de qualité.

C’est pourquoi le réseau SOLIDAR appelle à une transition équitable en faveur de la justice sociale dans le monde post-COVID.