15 Jun 20
Lionel Frei

Comme au Nord, le coronavirus frappe les populations des pays pauvres. Elles sont cependant plus durement affectées par les bouleversements économiques provoqués par la pandémie. Des centaines de milliers d’ouvrières et d’ouvriers, dépourvus d’assurance sociale et d’indemnités de chômage, sont au bord du gouffre. C'est par exemple le cas dans le secteur du textile au Bangladesh et au Cambodge. Face à des annulations de commandes chiffrées en milliards, des factures en souffrance et des montagnes de marchandises commandées mais non encore payées, le secteur menace de s'effondrer. Ce sont les travailleurs-euses qui en paient le prix.

La précarité touchait déjà les travailleurs-euses du secteur textile avant la crise. Ces employé-e-s se battent au quotidien pour préparer au moins un repas chaud par jour à leurs enfants. Sans économie, ils se retrouvent dans une situation d'immense vulnérabilité, à la suite des licenciements effectués par les usines. Alors que ces employé-e-s ont permis aux grandes marques de mode d’engranger des milliards de profits par le passé, ils sont désormais confrontés à la pauvreté et à la faim. 

Mais ils ne luttent pas seuls. Avec nos partenaires locaux, nous distribuons de la nourriture, du savon, du désinfectant et des masques. Les organisations syndicales que nous soutenons sont aussi en négociation directe avec les responsables des usines afin de faire valoir les droits des employé-e-s. Afin d'obtenir notamment le versement des salaires impayés. C’est une course contre la montre, car ces pourparlers s’éternisent, alors que les besoins des personnes touchées sont immédiats.

Témoignage

Priscilla Begum (nom d'emprunt) travaillait dans une usine textile au Bangladesh. Elle nous livre son témoignage: « J’ai été licenciée fin mars. D’un jour à l’autre, je me suis retrouvée sans revenu. L’entreprise ne voulait même pas me payer le salaire du mois, raconte cette mère de deux enfants. Quel choc pour moi et pour ma famille ! Je gagnais peu, mais mon revenu était important, parce qu’il était régulier. De quoi allons-nous vivre à présent ? Mon mari est travailleur de rue. Le matin, nous ne savons pas de quoi la journée sera faite. Si ses affaires vont mal, nous ne pouvons pas acheter à manger pour le soir. Nous n’avons de toute façon pas de quoi nous offrir du savon et du désinfectant. Notre famille dépendait essentiellement du revenu que je gagnais à l’usine ».

Un problème mondial

Les travailleurs-euses textiles ne sont qu'un exemple parmi d'autres. Partout dans le monde les plus démuni-e-s paient un lourd tribu aux conséquences économique et sanitaires du coronavirus.

Travailleurs-euses à la rue

Ouvrières du textile, conducteurs de rickshaw ou travailleurs journaliers, ils n’ont pas d'assurance chômage. En perdant leur emploi, ils sont privés de revenu d’un jour à l’autre. Ne disposant guère d’économies, ils n’ont plus de quoi payer le loyer, ni la nourriture, ni les médicaments.

Pénurie alimentaire en vue

Population sans revenu, magasins d’alimentation et marchés locaux encore partiellement fermés, livraisons dans les villages reculés suspendues: le risque de pénurie alimentaire s’accroît de jour en jour.

Conditions hygiéniques précaires

Dans les bidonvilles des métropoles, mais aussi dans les zones rurales, les personnes les plus démunies utilisent souvent le même point d’eau. Les habitant-e-s ne peuvent s’acheter ni du savon ni du désinfectant. D’où une hausse massive du risque d’infection.

Comment vous pouvez aider

  • Avec 50 francs suisses, vous pouvez soutenir la diffusion d'informations sur des mesures de prévention importantes par le biais de programmes radio, de médias sociaux ou de brochures. -> faire un don
  • Avec 100 francs, vous pouvez nous aider à distribuer des sets d'hygiène avec du savon et des désinfectants. -> faire un don
  • Avec 250 francs suisses, vous pouvez aider les familles dans le besoin en leur fournissant de la nourriture, des médicaments, du savon et des aliments pour bébés. -> faire un don

Avec vous, nous soutenons les personnes les plus fragiles. Merci de tout cœur !