5 Feb 20

La Thaïlande est un "hot spot" de l'industrie agricole mondiale. Les aliments tels que le riz, le poulet, les aubergines ou le lait de coco produits en Thaïlande sont très consommés en Suisse. Notre organisation partenaire "Mekong Migration Network" a examiné plus en détail la situation des travailleur-euse-s migrant-e-s dans l'agriculture thaïlandaise, en prenant comme exemple quatre produits importants (maïs, manioc, huile de palme et caoutchouc). Le nouveau rapport met en évidence leurs conditions de travail déplorables.

Pendant 17 ans, Win Zaw Oo a travaillé dans les plantations de maïs, d'ananas et de canne à sucre thaïlandaises. Lors de la publication du rapport "Les travailleurs agricoles migrants en Thaïlande", il a témoigné des conditions de travail dans les plantations : "Nous touchons des salaires très bas lorsque nous travaillons dans l'agriculture. Notre salaire journalier n'est que de 150 Bahts. Des salaires aussi bas sont à peine suffisants pour survivre en Thaïlande". 150 Bahts équivalent à un peu moins de 5 francs suisses, soit à peine la moitié du salaire minimum officiel des travailleur-e-s en Thaïland. Selon Asia Floor Wage, le salaire minimum pour subvenir aux besoins d'une famille s'élève à environ 600 Bahts.

Quatre produits agricoles importés en Suisse dans le viseur

Le maïs produit en Thaïlande est principalement utilisé comme aliment pour engraisser les volailles. Or en 2019, la Suisse a importé de Thaïlande environ 600 tonnes de viande de poulet pour une valeur de 3,7 millions de francs. Autre exemple : après le riz, le manioc est le produit agricole le plus important importé de Thaïlande (importations en 2019 pour une valeur de 7,1 millions de francs). Cette racine est principalement utilisée comme matière première pour les édulcorants artificiels et le glutamate, que l'on trouve souvent dans les assaisonnements et les sauces. Les conditions de travail dans la production d'ananas, d'aubergines et de papayes - alors aussi fréquemment importés en Suisse depuis la Thaïlande - sont probablement tout autant déplorables que celles des produits faisant l'objet de l'enquête.

De bas salaires pour un travail dangereux

Les travailleurs doivent souvent travailler plus de 12 heures par jour. La majorité (64,2%) des migrants interrogés reçoivent moins de 9000 Bahts thaïlandais (280 CHF) par mois. La santé et la sécurité au travail sont également souvent négligées, par exemple les équipements de protection adéquats ne sont pas distribués lors de l'utilisation de pesticides. L'enquête souligne également que les coûts pour un permis de travail en Thaïlande sont trops élevés. Par exemple, la moitié des travailleurs-euses migrant-e-s interrogé-e-s continuent à vivre sans papiers valables. Parfois, les permis de travail sont confisqués par leur employeur, ce qui entraîne une forme de travail forcé. 

Promesse du gouvernement

En réaction, un représentant du ministère du travail thaïlandais a annoncé que les contrôles de l'État par les inspecteurs du travail tendent à se renforcer. De plus, une ligne téléphonique d'assistance aux migrant-e-s doit être mise en service, et à l'avenir, toutes et tous les migrant-e-s en Thaïlande devraient avoir accès au système de sécurité sociale. Pour que cela devienne une réalité, le Réseau Mékong Migration continuera à conseiller les migrant-e-s et à rappeler régulièrement au gouvernement ses promesses.

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Documents:

Migrants in Thai Agriculture

Migrants in Thai AgricultureMigrants in Thai AgricultureResearch by the Mekong Migration Network

Contexte

Mékong : renforcer les droits des travailleurs migrants

Les conditions sont particulièrement précaires dans deux importantes industries d’exportation thaïlandaises : le secteur de la pêche et celui, en forte progression, de l’huile de palme.