12 Sep 19

La Chaîne du Bonheur lance aujourd'hui une campagne de collecte de fonds en faveur des femmes dans les crises oubliées. Les ravages de la guerre, les traumatismes et la violence latente font rarement la une des journaux, même si des millions de personnes en souffrent chaque jour. Le Salvador est l'un de ces pays où la violence fait partie de la vie quotidienne. Solidar Suisse soutient un service d'accueil pour les victimes de violence dans une banlieue de la capitale San Salvador. Voici l'histoire de Sonia Pérez.

Sonia Pérez élève seule ses quatre enfants. Elle vit à Mejicanos, une petite ville à la population très pauvre, limitrophe de la capitale San Salvador. Mejicanos est l’un des hauts lieux de la présence des maras, les bandes criminelles. La violence y est quotidienne: expulsions de familles entières par la menace, rackets, meurtres. Les forces de l’ordre sont dépassées par les événements. Elles font toutefois peser une suspicion généralisée sur les jeunes des quartiers défavorisés et mènent contre eux des opérations violentes contraires à la loi.

Victime de la violence d'Etat

Des policiers ont forcé le domicile de Sonia et de ses jeunes fils, car la famille vit dans une zone contrôlée par les gangs. Soupçonnés d’entretenir des liens avec les maras, Sonia et ses enfants ont été battus, menacés et sommés de quitter leur maison et leur quartier. Ils se sont réfugiés chez des parents, loin de Mejicanos. Sonia a porté plainte pour agression et expulsion forcée dans un autre commissariat, mais sa démarche est restée lettre morte. Elle s’est alors adressée au Servicio Social Pasionista qui dispose d’un centre d’accueil pour les victimes de violence à Mejicanos. Celui-ci l’a informée sur ses droits et l'a soutenue dans ses démarches. Elle a pu défendre faire entendre sa situation auprès des instances policières supérieures, du ministère public et du bureau de médiation pour les droits humains.

Retour et aide dans le quartier

Sonia a finalement réussi à retourner avec sa famille dans sa maison de Mejicanos. Elle s’attache aujourd’hui à informer les habitant-e-s de son quartier sur leurs droits et sur les possibilités de soutien à disposition des personnes exposées à la violence quotidienne. Via des services d'accueil, les victimes bénéficient d’une première prise en charge, d’une aide à la recherche d’un nouvel hébergement et de consultations juridiques. La peur de la violence est encore grande, mais les quelques services d'accueil gérés par des organisations de la société civile donnent à de nombreux citoyen-ne-s l'espoir qu'une vie sans peur et sans violence est également possible.

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