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8 Mai 19
Lionel Frei

La 9e Conférence internationale de la Convention de Rotterdam, qui a lieu actuellement à Genève, pourrait interdire le commerce de l'amiante. Solidar et ses partenaires s'engagent activement dans ce sens. Mais les représentants des pays ne semblent pas pressés de mettre un terme à l'utilisation d'une substance chimique qui tue 200'000 personnes par année.

La 9e Conférence de la Convention de Rotterdam se tient ces jours à Genève. Sous le slogan « Clean Planet, Healthy People: Sound Management of Chemicals and Waste », l’enjeu de cette Conférence -qui inclut aussi les conventions de Bale et de Stockholm - est de taille. Avec environ 100 millions de tonnes de plastique dans nos mers, 50 millions de tonnes de déchets électroniques produits chaque année, et l’utilisation intensive de produits chimiques destructeurs pour la santé et l’environnement, il est urgent d'agir.

Solidar Suisse soutient un réseau mondial d’activistes, constitués de scientifiques, syndicats, victimes et ONG, engagés en faveur de l’interdiction de l’amiante blanc. Il n’était dès lors pas possible de louper la Conférence de Rotterdam qui permet grâce à l’inscription de produits chimiques sur sa « liste III » de réguler leur commerce international. L’amiante, encore largement utilisée dans des pays tels que l’Inde ou l’Indonésie conduit en effet à un véritable désastre humain : on estime que plus de 200’00 personnes décèdent chaque année dans le monde des suites de maladie contractées par l’exposition à cette fibre cancérigène.

Avec ses partenaires Solidar Suisse a distribué une lettre ouverte aux délégués les appelant à inscrire l’amiante blanc sur l’annexe III. Une manifestation symbolique, en présence notamment de victimes de l’amiante a aussi été tenue sur la Place des Nation. Mais le pire est à craindre : quelques pays producteurs, emmenés par la Russie, continuent de s’opposer à l’interdiction de l’amiante pour des enjeux économiques. Ainsi d’une déléguée russe qui nous a affirmé que « l’amiante est un must ». Les délégués des autres pays – à l’exception de la Suisse – semblent eux aussi résignés à s’engager activement pour une interdiction de l’amiante. Deux votes cruciaux auront lieu durant cette semaine et permettront de se faire une idée claire de la volonté des Etats à interdire la véritable bombe à retardement que constitue l’amiante. « Sound Management of Chemicals and Waste » : il ne reste plus qu’à espérer que ce beau programme constitue autre chose qu’un slogan.