25 Feb 19
Iwan Schauwecker

En novembre 2012, l'usine de vêtements « Tazreen Fashion » prend feu. Ce fut l'un des pires accidents industriels de l'histoire du Bangladesh, tuant 117 travailleurs et blessant plus de 200 personnes. Solidar Suisse a activement soutenu les victimes. Aujourd'hui, certaines d'entre elles dirigent un atelier de couture couronné de succès.

Connue pour ses usines de vêtements, Ashulia est une banlieue proche de la capitale Dhaka. Les usines présentes fournissent les grandes marques mondiales telles que H&M, Zara et GAP. Les vêtements sont généralement fabriqués par de jeunes femmes pauvres qui ont immigré des zones rurales. Des salaires extrêmement bas, des heures supplémentaires à la pelle et des conditions de travail dangereuses caractérisent leur vie quotidienne. Mais ce n'est qu'en cas de catastrophes majeures, comme l'incendie de l'usine Tazreen Fashion 2012 ou l'effondrement du Rana Plaza en 2013 (1127 morts), que le grand public prend conscience de ces terribles conditions de travail. Le scandale à lui seul n'aide cependant généralement pas les travailleurs.

Solidar Suisse s'engage en faveur des victimes

Suite à cet incendie, Solidar Suisse s'est associée à des associations locales afin de venir en aide aux victimes. Une liste de tous les travailleurs tués et blessés dans l'incendie a été dressée. Grâce à elle, les personnes touchées ont pu recevoir une indemnisation et un soutien. Une organisation d'entraide pour les victimes a été fondée afin de défendre les droits des travailleurs blessés et malades. Sanjiv Pandita, collaborateur de Solidar Suisse s'est récemment rendu à Ashulia, six ans après la catastrophe. Il a été reçu par Jorina Begum qui l'a conduit dans les ruelles étroites du quartier résidentiel jusqu'à sa boutique de tailleur.  Au-dessus de l'atelier, il est écrit en bengali: « Nous sommes les travailleurs blessés de Tazreen Fashion. Nous voulons rebondir. »

Un nouveau départ grâce à un soutien financier

Jorina Begum a été grièvement blessée lorsqu'elle a dû sauter du deuxième étage de l'usine pour sauver sa vie au moment de l’incendie. La plus grande partie de son indemnité a été dépensée pour le traitement de ses blessures au cou et à la colonne vertébrale. Beaucoup de femmes ont souffert de blessures chroniques et doivent débourser des sommes importantes en traitement. Il reste très difficile pour de nombreuses victimes de gagner leur vie. Mais malgré ses graves blessures, Jorina Begum s'en est sortie : elle est devenue une leader défendant aujourd'hui les autres victimes. Dans le cadre de cet engagement, elle a mis sur pied une coopérative avec d'autres victimes de Tazreen. Les participants ont loué un petit restaurant et acheté des machines à coudre avec un capital de départ fourni par Solidar Suisse. Ils peuvent acheter des tissus manufacturés localement et vendre leurs vêtements sur place. « Nous gagnons assez d'argent pour nourrir notre famille, et si nous avions plus de machines, nous pourrions même accepter plus de travail », explique Jorina Begum en souriant : « L'important pour nous est que nous n’avons plus de supérieurs et que nous pouvons travailler avec dignité ».

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