12 Dec 17
Simone Wasmann

Deux jouets sur trois proviennent de Chine où ils sont le plus souvent produits dans de terribles conditions de travail. Avec la campagne Fair Toys, Solidar Suisse alerte les consommatrices et consommateurs afin de faire pression sur les grandes marques de jouets. Suite à notre rapport, des évaluations des usines incriminées sont prévues.

Deux jouets sur trois achetés en Suisse portent la mention « made in China ». Les grandes entreprises de jouets comme Mattel, Hasbro ou Disney font produire leurs jouets dans des usines de jouets chinoises où les conditions de travail sont catastrophiques. C’est ce que prouve à nouveau notre investigation en 2017.

La majorité des consommateurs en Suisse sont peu conscients de cette réalité. C’est ce que Solidar Suisse veut changer avec sa campagne Fair Toys. Une couverture médiatique de cette situation, ainsi que des consommateurs plus conscients, permettent de renforcer la pression sur les entreprises de jouet et améliorer sur le long terme la situation des travailleurs chinois.

Une pression publique sur les entreprises de jouet

Les nombreux articles parus dans les médias suisses et internationaux mettent les entreprises du jouet au pied au mur. Sur la base de notre rapport démontrant les violations du droit du travail, Mattel et Hasbro ont annoncé une vérification des usines incriminées. ICTI Care – le standard international pour des conditions de travail décentes dans l’industrie du jouet – s'engage aussi dans ce sens. La campagne Fair Toys qui a commencé il y a deux ans a amélioré la disposition ces acteurs à réagir. Les marques de jouets prennent en effet désormais au sérieux les résultats des rapports réalisés et reconnaissent la nécessité de contrôler les abus signalés. Une nouveauté.

Une politique des petits pas

Le dialogue critique contribue à d’autres améliorations concrètes. Le standard ICTI Care travaille à une modification de ses lignes directrices et va adapter ses exigences dans le sens de conditions de travail plus décentes. Comme les marques de jouets ont une grande influence sur ce processus, c’est cependant une politique des petits pas qui prévaut chez ICTI Care. Mais la marge de manœuvre réside aussi dans les mains des multinationales et dans les relations qu’elles nouent avec les usines chinoises. Car celles-ci réalisent de très petites marges, travaillent avec des contrats de courtes durées et doivent rester flexibles à des changements de dernière minute. Dans ce système, les entreprises chinoises ne peuvent tourner qu’en proposant des salaires insuffisants, en exigeant une grande flexibilité de la main d’œuvre, ainsi qu’en mettant en place des économies de coûts qui se répercutent sur les travailleurs et travailleuses.

L’influence des consommateurs et des enfants

Une modification des comportements d’achats des consommateurs est aussi importante. Si cela concerne en premier lieu les parents, la famille et les connaissances (qui achètent les cadeaux), la sensibilisation des enfants ne doit pas être négligée. C’est pourquoi Solidar Suisse a publié le magazine Fair Toys pour les enfants et leurs parents. On y découvre de nombreuses informations sur l’univers des jouets, et notamment sur leur origine et les conditions dans lesquelles ils sont réalisés. Le message central du magazine est le suivant: un jouet qui dure longtemps, du point du vue du matériel, mais aussi de l’intérêt de l’enfant, surpasse largement des jouets en plastiques bon marché. La qualité, plutôt que la quantité, est souvent le meilleur moyen de ne pas participer à l’exploitation des travailleurs.

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