Jeudi, 6. Décembre 2018
Iwan Schauwecker

Les consommateurs suisses dépensent chaque année 450 millions de francs pour les jouets de Noël, majoritairement fabriqués en Chine. Une enquête réalisée anonymement dans quatre usines chinoises produisant pour les multinationales Disney, Hasbro et Mattel révèle 23 violations des droits du travail. Or une amélioration des conditions de travail coûterait peu : en augmentant le prix final des jouets de seulement 65 centimes, il serait possible de doubler les salaires des ouvriers.

Deux jouets sur trois sous les sapins de Noël suisses proviennent de Chine. La nouvelle enquête anonyme menée par China Labor Watch et Solidar Suisse montre que les conditions de travail dans les usines chinoises sont toujours catastrophiques. Ces jouets sont fabriqués pour le compte des principaux acteurs de l'industrie : Disney, Hasbro et Mattel, mais aussi des entreprises allemandes telles que Simba Dickie, Schleich et Ravensburger. Des photos prises par les enquêteurs infiltrés révèlent les conditions de travail et de vie catastrophiques.

Épuisement sur les chaînes de montage

Les bas salaires obligent les travailleurs à multiplier les heures supplémentaires, en restant en moyenne onze heures par jour sur les chaînes de montage. La manipulation de produits chimiques dangereux (notamment le benzène) sans protection adaptée met également en danger leur santé. Ce sont au total 23 violations des droits du travail qui ont été constatées. Une situation dont les multinationales du jouet profite car les organisations de travailleurs sont interdites dans le pays. « Ces grandes entreprises doivent arrêter d’exploiter les travailleurs chinois. Il est grand temps qu'elles prennent leurs responsabilités. L’expérience montre que rien ne se change sans pression publique et sans règles contraignantes, comme l'exige par exemple l'initiative pour des multinationales responsables », explique Simone Wasmann, directrice de campagne chez Solidar Suisse.

65 centimes de plus pour des conditions de travail décentes

 « Nos cadeaux de Noël ne doivent pas être réalisés grâce à l’exploitation des travailleurs chinois », complète Simone Wasmann. C'est pourquoi Solidar Suisse lance aujourd’hui une campagne dans le cadre de laquelle les consommateurs peuvent envoyer un email aux PDG des principales multinationales du jouet pour leur demander de verser un salaire décent. Car ces entreprises occidentales dictent les conditions de travail des travailleurs en faisant pression sur les prix auprès des usines. Une augmentation du prix final de 65 centimes par jouet permettrait de doubler les salaires des ouvriers chinois.

Coopération internationale pour la production de jouets équitables

La campagne est menée cette année dans le cadre de la « Fair Toys Coalition »  européenne. En collaboration avec les ONG ActionAid (France) et Christliche Initiative Romero (Allemagne), Solidar Suisse veut augmenter la pression sur les fabricants de jouets pour qu'ils assument leurs responsabilités.

Pour plus de renseignements

Lionel Frei, chargé de communication, 079 472 71 42, lionel.frei@solidar.ch

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