Notre nouvelle enquête infiltrée détaille des cas d'harcèlements sexuels dans les usines de Mattel. L'entreprise qui produit la fameuse Barbie le sait depuis longtemps. Cependant, elle n'a jusqu'à présent rien fait contre pour y mettre un terme.

« Me too » concerne aussi les ouvrières dans les usines

Notre nouvelle enquête dans une usine de jouets de Mattel en Chine révèle une culture d'entreprise dans laquelle les abus et le harcèlement sexuel sont monnaie courante. L'usine enquêtée compte un total de 2300 ouvriers·ères qui produisent notamment la célèbre poupée Barbie. Des propos inappropriés sur l'apparence, des remarques dégradantes, des attouchements ou encore la diffusion de photos à caractère sexuel: notre enquêteur a découvert diverses formes de harcèlement sexuel. 
 
Ces événements se sont déroulés sous la supervision des chefs d'équipe, mais n'ont suscité aucune réaction de la part de la direction. Dans un environnement de travail où les auteurs de harcèlement ne sont menacés d'aucune conséquence, les femmes n'osent pas se défendre. Les travailleuses ont peur d'être licenciées et sont donc très réticent·e·s à témoigner.

Le harcèlement sexuel chez Mattel : un problème structurel

En 2004, Mattel avait déjé étée confrontée au problème du harcèlement sexuel dans les usines. Lors d'une inspection de deux usines Mattel au Mexique, il avait été constaté que des ouvrières étaient victimes de harcèlement sexuel de la part de leurs collègues. Dans l'une des deux usines, 30 % des personnes interrogées avaient déclaré avoir été victimes d'une agression. Mattel avait à l'époque promis de prendre la question au sérieux. Toutefois, le rapport d'audit indépendant a quand même conclu que « les efforts actuels de l'entreprise ne sont pas efficaces et que le problème du harcèlement sur le lieu de travail - en particulier des femmes - nécessiterait des mesures supplémentaires.»

L'objectif : un emploi sans peur et sans exploitation

La multinationale du jouet se fixe des objectifs en matière de gouvernance d'entreprise éthique. Cependant, ceux-ci sont souvent peu concrets et leur respect n'est presque jamais vérifié. Mattel investit encore beaucoup trop peu dans la garantie de conditions de travail décentes. Pour les travailleuses des usines en Chine ou au Mexique, les choses ne changeront pas tant qu'il n'y aura pas un changement d'attitude fondamental au sein de l'entreprise et que les travailleurs ne seront pas entendus.  Et des objectifs ambitieux sont nécessaires, en particulier dans la lutte contre la violence sexiste et le harcèlement sexuel. Les travailleurs de Mattel devraient pouvoir produire la poupée Barbie à l'avenir sans crainte ni exploitation. 
 
 

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