Dans notre système économique où le profit et la croissance constituent le cœur des préoccupations, seule une petite partie de la population mondiale peut aujourd'hui compter sur des conditions de travail décentes. C'est pourquoi nous avons invité 2 autrices à présenter leur vision pour changer le système: Fatima Moumouni est une artiste zurichoise dans la mouvance du «Spoken Word». Aurélie Friedli est avocate-stagiaire, élue socialiste et membre du comité de Solidar Suisse Genève.

Vers l'essai de Fatima Moumouni: Je ne sais pas à quoi ressemblerait un monde meilleur

Vers l'essai d'Aurélie Friedli: Pour que le travail devienne œuvre

La nature de la crise de l'économie capitaliste a été une fois de plus clairement démontrée depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), 400 millions de personnes vont perdre leur emploi cette année et 80 millions de personnes vont sombrer dans l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

Bien que les entreprises privées et les travailleurs-euses se soient vu promettre des milliards de francs d'aide gouvernementale, la plus grande crise économique mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale se profile à l'horizon. Dans le même temps, les primes et dividendes continuent à être versés généreusement aux actionnaires. Les inégalités s'aggravent dans un contexte de sous-financement mondial des systèmes de santé publique et d'éducation.

Sur quelle protection les travailleurs-euses peuvent compter pendant la crise ?

Avant la crise du coronavirus, plus de la moitié des travailleurs-euses travaillaient dans l'économie informelle, c’est-à-dire sans contrat de travail, ni sécurité sociale. Le travail informel se caractérise par de faibles salaires, des conditions de travail précaires et dangereuses et l'absence d'assurance maladie et de pension de retraite. Les travailleurs-euses domestiques, les vendeurs-euses de rue et les travailleurs-euses agricoles sont particulièrement touché-e-s par ces mauvaises conditions de travail. Il s'agit souvent de migrant-e-s sans papiers, ce qui les rend encore plus vulnérables.

Les femmes* et le travail de care

Mais aujourd'hui, il ne s'agit plus seulement de protéger et de garantir les droits des travailleurs-euses. Grâce aux collectifs féministes et à de nouvelles théories économiques, l'accent est de plus en plus mis sur le "travail de care", c'est-à-dire la prise en charge, les soins et les travaux ménagers accomplis pour des enfants et des adultes. La crise du coronavirus a démontré l’importance systémique du travail de care, qui est effectué en majorité par les femmes: infirmières, aide-soignant-e-s, mères, grands-mères, prostituées, enseignant-e-s, travailleuses sociales, médecins ou enseignant-e-s de maternelle. Dans de nombreux cas, ce travail est mal payé, souvent pas du tout. Le travail de care représente 70 % de la charge de travail dans le monde.

Changer le système: le travail de soins doit être reconnu pour son importance systémique dans nos sociétés. Les travailleurs-euses de care doivent bénéficier d'une protection et d'une rémunération équitable. La grève des femmes en 2019 a donné un nouvel élan à ces revendications. Vous pouvez trouver plus d'informations dans le livre "La révolution du service public" de Beat Ringger et Cédric Wermuth qui paraîtra fin novembre aux éditions de l'Aire.

Dépasser une économie de l’exploitation

L'idée que la croissance économique crée des emplois et peut ainsi éradiquer la pauvreté généralisée continue de dominer la pensée des institutions gouvernementales et de nombreuses organisations de développement. Cependant, ce modèle de développement a un impact destructeur sur la biosphère et nos ressources naturelles au cours des dernières décennies, et les plus pauvres sont particulièrement touché-e-s. L'épuisement des stocks de poissons, la baisse du niveau des eaux souterraines et la détérioration de la qualité des sols constituent un problème existentiel pour des millions de personnes. La croissance économique des dernières décennies s'est accompagnée d'une utilisation massive de combustibles fossiles et a produit les climatiques désormais bien connus. Bien que les populations les plus pauvres contribuent peu à ce phénomène, elles sont les plus grandes victimes du réchauffement climatique et des phénomènes météorologiques extrêmes qui en sont liés.

Changer le système: les impacts environnementaux destructeurs sont la conséquence d'un ordre profondément antisocial basé sur une culture de l'inégalité et sur la pensée coloniale. La création de nouvelles formes, définitions et mesures de la richesse est une nécessité dans un monde qui ne peut plus se permettre de croître indéfiniment, principalement au profit des plus riches.

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Les travailleurs-euses du textile dans les pays pauvres effectuent un travail pénible, monotone et souvent largement sous-payé. La crise du coronavirus a aggravé la situation. Au Cambodge, la fermeture de 130 usines de vêtements a mis 50 000 travailleurs-euses dans la rue du jour au lendemain. Au Bangladesh, où des milliers d'usines produisent pour les multinationales du textile, plus de 300 000 travailleurs-euses ont été licenciés. Sans épargne, ni sécurité sociale, ces licenciements mettent en danger la vie des personnes touchées.

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