Comment l'aide d'urgence est-elle fournie à la population népalaise, suite aux tremblements de terre d'avril 2015 ? Solidar Suisse racontait son engagement les premiers mois après le tremblement de terre dans ce blog.

15 novembre 2015: bilan de notre aide d’urgence au Népal

Le Népal a été fortement touché par deux tremblements de terre il y a sept mois. Au total, 9’000 personnes ont perdu la vie et 900'000 leur maison. Solidar Suisse s’est rendu sur place quelques jours après la catastrophe pour organiser l’aide d’urgence dans le district de Sindhupalchok, une région particulièrement affectée au nord-est de la capitale Katmandou. Parallèlement à la fourniture d’abris provisoire, l’aide de Solidar s’est aussi concentrée sur l’approvisionnement en denrées alimentaires car des milliers de têtes de bétail ont péri et une grande partie des récoltes ont été perdues.

Bilan de l’aide d’urgence de Solidar

De mai à August, Solidar Suisse a distribué des biens de première nécessité dans 8 villages. Au total, ce sont plus de 20 tonnes de semences qui ont été distribuées à 4'700 agricultures, plus de 15'000 tentes pour protéger hommes et animaux, du matériel à 5’490 familles pour la reconstruction des latrines et des articles d’hygiène pour 6'400 familles.

L’aide d’urgence est désormais terminée. La longue phase de reconstruction continue cependant. Il est prévu de reconstruire 1000 maisons résistantes aux tremblements de terre et de réparer les conduites d’eau dans la région de Sindhupalchok.

 

 

Vendredi 9 octobre : Troubles politiques et reconstruction

Les médias ont parlé ces derniers temps des manifestations et de l’insécurité politique que connaissait le Népal. Des communautés minoritaires de l’ouest et du sud du Népal se sentent particulièrement défavorisées par une modification de la Constitution. L’opposition a atteint le gouvernement indien qui a déclaré des sanctions contre le Népal et restreint les importations d’essence, de diesel et de gaz. Le Népal a dû réagir en restreignant l’utilisation des voitures un jour sur deux, en fonction du dernier numéro de la plaque d’immatriculation. En plus de devoir reconstruire le pays, les Népalais se retrouvent donc en plus confrontés à une grave crise politique.

Après l’aide d’urgence, la reconstruction

Six mois après le tremblement de terre, la phase d’aide d’urgence du gouvernement et des organisations internationales arrive officiellement à terme. De nombreux acteurs humanitaires ont déjà quitté le pays.

Pour Solidar Suisse et Helvetas, c’est la phase de reconstruction qui débute désormais. En partenariat avec la population de huit communes des Hautes Terres, des maisons vont être reconstruites et les réseaux d’eau remis en état. Il est prévu de reconstruire 1000 maisons antisismiques qui comprendront des toilettes et de réparer le réseau d’eau pour 3000 personnes. Des fours seront aussi installés dans les nouvelles maisons. Auparavant, la cuisson des aliments se faisait dans la plupart des foyers grâce à un feu ouvert situé dans la cuisine. Les maisons ne disposant pas d’un système d’évacuation de la fumée, les pièces se retrouvaient très enfumées. Grâce aux nouveaux fours qui comprendront un système d’aération, l’exposition nocive à la fumée sera fortement réduite, particulièrement pour les femmes et les enfants.

Actuellement, la formation des ouvriers chargés de la reconstruction est aussi en cours.

Mercredi 12 août 2015 : Assurer l’alimentation pour la prochaine saison

Le travail dans le district de Sindupalchuck continue. La priorité principale actuellement consiste à assurer la sécurité alimentaire pour la prochaine saison. Le riz, en tant que base de l’alimentation dans la région, doit être particulièrement bien pris en compte dans la planification des activités agricoles pour la prochaine saison. Une exploitation réussie des champs de riz est dépendante d’une bonne irrigation. Or de nombreux systèmes d’irrigation ont été endommagés suite au tremblement de terre. Des tuyaux en PVC ont été distribués afin de permettre de réparer ces systèmes. Des jeunes pousses de riz pourront ensuite être plantées et les champs inondés.

Mercredi 15 juillet 2015 : Préparation de la reconstruction pendant la mousson

Il pleut presque tous les jours à cause de la mousson, parfois ce ne sont que quelques gouttes, mais la plupart du temps ce sont des cordes qui tombent. Nous sommes donc heureux d’avoir un toit sur la tête. Nous avons loué une maison à Katmandou, à partir de laquelle nous nous planifions et gérons le projet de reconstruction. Nous travaillons avec une forte pression: du design des maisons, aux mesures à prendre afin de garantir la sécurité des constructions en cas de nouveaux tremblements de terre, jusqu’à la formation des ouvriers et ouvrières. Le management du projet doit être finement réglé : nous voulons être prêts au moment de la fin de la mousson en octobre pour débuter la phase de reconstruction.

Samedi 28 juin 2015 : L’aide d’urgence continue, la planification de la reconstruction débute

Nous sommes allés aujourd’hui dans le district de Sindhulpalchok où nous fournissons de l’aide depuis avril. En discutant avec les responsables villageois et les bénéficiaires, nous sommes ravis des retours positifs que nous recevons. Les bâches, kits d’hygiène, semences ou encore les réparations des conduites d’eau satisfont la population. La façon dont la distribution a été organisée - de manière transparente et en impliquant au maximum les communautés - a été particulièrement appréciée.

Si l’aide d’urgence est toujours en cours, nous sommes actuellement déjà en train de préparer la phase de reconstruction. Il faut répondre à de nombreuses questions : quel type de maison reconstruire ? Quels seront les critères d’attribution, car il ne sera pas possible de reconstruire les 6'000 maisons détruites dans le district avec l’argent à disposition. Comment former des travailleurs qualifiés sur place ? Comment organiser le transport de marchandises dans ces régions éloignées ?

Toutes ces questions trouveront des réponses prochainement. Car, dès la fin de la mousson en octobre, nous commencerons la phase de reconstruction.

Vendredi 15 mai 2015 : Retour

Trois semaines après le tremblement de terre, je retourne en Suisse : content et mécontent à la fois.

Content, car j’ai pu apporter de l’aide pour alléger un peu l’énorme souffrance des personnes touchées par le tremblement et parce que le travail avec l’équipe d’Helvetas et de Solidar a été très agréable et efficace.

Mécontent parce que la tâche - offrir un nouveau toit à un demi-million de familles - dépasse largement les capacités de l’aide suisse. Mécontent aussi parce que l’histoire d’une famille ne me laisse pas en paix. Lors d’un contrôle de la stabilité d’un pont suspendu construit par Helvetas il y a plusieurs années, nous avons rencontré un homme. Assis sur les ruines de sa maison avec ses trois enfants survivants, il nous a raconté que sa femme et son fils aînés sont décédés dans l’effondrement du bâtiment. En transmettant cette histoire à mes collègues, ce message est ressorti : « C’est terrible, mais ceci nous rappelle la raison de notre engagement ».

Je quitte le Népal, mais l’engagement de Solidar et d’Helvetas continue sur place. Cette famille près du pont et tant d’autres victimes du tremblement de terre continuent d’avoir besoin de votre soutien.

Mercredi 13 mai 2015 : L'incertitude après le tremblement

Hier dans l’après-midi, l’excitation fait progressivement place à une joie modérée : nous avons survécu au grave tremblement de terre sans préjudice. Mais le choc se fait sentir profondément : alors que le crépuscule s’installe, le jardin de ma Guesthouse se remplit. Les voisins apportent couvertures et sacs de couchages. Saji, un missionnaire de la région du Kerala au Sud de l’Inde qui vit à Katmandou depuis plusieurs années avec sa femmes philippine et gère la Guesthouse, installe une grande tente devant l’entrée. Les femmes avec leurs petits enfants peuvent passer la nuit dans celle-ci. Bientôt la tente se remplit.

A deux heures du matin, un nouveau tremblement me tire hors de mon sommeil. Les gens dans le jardin crient ; les chiens et les oiseaux participent au tumulte. Le tremblement ne dure qu’un petit instant et le calme revient. A l’aube, les gens sont rentrés chez eux, mais personne n’a bien dormi.

Le matin, l’incertitude est omniprésente. Des tentes provisoires ont été installées partout où il y avait un peu de place libre. Les gens se tiennent devant leurs maisons et discutent, pas de manière forte et excitée comme hier soir, mais doucement avec beaucoup de doutes et d’interrogations : comment la situation va-t-elle évoluer ? Quand la terre va-t-elle à nouveau se calmer ?

Mardi 12 mai: Une nouvelle secousse frappe le Népal

Aujourd’hui vers 12h50, le Népal a de nouveau été touché par un fort tremblement de terre. J’étais dans le bureau d’Helvetas lorsque la terre a tremblé pendant environ 30 à 40 secondes. Une forte secousse a fait osciller le bureau et les bâtiments alentour. Elle a été suivie par un mouvement horizontal et circulaire. Les travailleurs ont tous couru à l’extérieur et se sont rassemblées sur le parking. Personne n’a été blessé, dans le bâtiment tout est resté en place et les maisons alentour n’ont pas été endommagées. Selon ce que nous avons entendu, l’épicentre a eu lieu à quelques dizaines de kilomètres seulement à l’Ouest de la capitale Katmandou, à une profondeur de 10 à 12 kilomètres. En écrivant ce texte je ressens de nouvelles secousses.

Lundi 11 mai: Le camp d’Helvetas/Solidar est monté

Hier, j’ai séché la réunion des ONG suisses qui se tenait à l’ambassade. Grâce à mes précédentes missions, je connais déjà les tentes du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA) qui ont été présentées et la manière de les monter. A la place, j’ai installé le camp pour Helvetas et Solidar. L’emplacement a été choisi hier. Il se situe à proximité d’un lodge touristique qui a été gravement touché par le tremblement de terre. Sita, la cuisinière du lodge, est contente de nous aider. Elle est sans travail depuis le tremblement, mais sa cuisine est intacte. Les WC et les douches fonctionnent. Les habitants des environs aident à déballer les lourds sacs (une tente pèse 85 kg). Ils comprennent un peu l’anglais et j’ai constitué à Nu un groupe de 6 personnes qui suivent mes instructions activement. Pour les enfants du village, tout ceci est un spectacle. Depuis le Sud, des nuages sombres arrivent sur la vallée. Nous devons nous dépêcher. Avec toutes les forces réunies, nous montons la tente et tous sont impressionnés par sa taille. Avec ses 10 mètres de long, sur 4 mètres de large, on pourrait y parquer deux Pick-up. Deux volontaires et deux collaborateurs locaux d’Helvetas utiliseront cette tente. A peine la tente montée, les premières grosses gouttes apparaissent. Heureusement que l’équipe est efficace !

Samedi 9 mai : L’hélicoptère distribue 145 bâches dans une région éloignée

J’apprends au briefing d’aujourd’hui que l’hélicoptère de l’armée n’a pas pu voler avant-hier à cause du mauvais temps. Je m’inquiète à propos des bâches que nous avons apportées à Chautara, le chef-lieu de la province, dans l’espoir que l’armée les apporte dans les villages reculés de la partie supérieure de la région. Le directeur-pays d’Helvetas est serviable et transmets mon souci à l’officier responsable. Il apprend que ce matin 145 tentes ont été larguées. Quel soulagement !

Hier, lors de la visite de la région j’ai remarqué la longueur du trajet. A la place des trois heures prévues, il en a fallu 4h30. Pour pouvoir distribuer plus rapidement de l’aide, mais aussi pour être disponible de façon permanente pour les victimes du tremblement de terre, l’équipe décide de monter un camp sur place. Une demande d’aide au Corps suisse d'aide humanitaire (CSA), stationnée à l’ambassade nous permet d’avancer. Nous pouvons charger aujourd’hui deux grandes tentes et nous les monterons déjà demain. Cette collaboration est bien appréciable !

Vendredi 8 mai 2015 : L’équipe humanitaire en action

Après un briefing au bureau d’Helvetas, on part. Avec l’équipe d’intervention humanitaire composée de 9 personnes, je vais pour la première fois dans la région où nous allons concentrer notre aide. Il s’agit d’une vallée en altitude qui s’étend de Melamchi au sud jusqu’à Timbu au nord sur une distance de près de 45 km. Nous quittons Katmandou en direction du sud avec un camion et trois pick-up, tous chargés au maximum de bâches et de cordes. Nous passons à côté de l’aéroport et prenons l’autoroute à deux voies. Il est intéressant de constater qu’aucun dégât n’est visible dans cette région. Ce qui change drastiquement quand nous nous dirigeons vers le Nord : plus nous grimpons et plus nous voyons d’habitations endommagées le long de la rue.

Avant Mahankal, notre coordinateur local nous attend sur la route. Il nous montre où nous pouvons décharger nos bâches. Les membres du comité villageois qui organise la répartition de l’aide, sont tous venus et nous aident pour le déchargement. Je discute avec quelques-uns et leur demande comment ils organisent la distribution. Comme ils sentent mes doutes, ils m’apportent les listes de distribution sur lesquelles est indiqué qui a reçu quels biens. Quand je leur demande ce dont ils ont besoins urgemment, ils me répondent sans hésitation : « Nous avons besoin d’aide pour la reconstruction de nos maisons. Il manque d’ouvriers qualifiés qui savent comment construire des maisons résistantes aux tremblements. »

Après Kiwul, où nous déchargeons nos bâches auprès du comité local, le pneu arrière du premier camion expose avec un gros « bang ». Heureusement, le pneu de secours est vite monté. Le voyage continue dans la vallée toujours plus étroite. Des fragments de roche d’un mètre se trouvent sur la route. Nous les balançons précautionneusement dans le vide avant de continuer à serpenter le long de la route.

Notre voyage finit à Timbu. Nous sommes là aussi attendus par le comité villageois et donnons notre dernier chargement de bâches. Je me renseigne auprès des Dalits, la population hors-caste et aussi la plus pauvre. Un jeune homme me renseigne volontiers : «  Tout le monde a été touché de la même manière ici et nous nous entraidons. Nous sommes pris en compte pour la répartition des biens de secours ».

Mercredi 6 mai 2015: Il nous faut un hélicoptère

Erdbeben, Nepal, Solidar, Nothilfe  Erdbeben, Nepal, Solidar, Nothilfe

Aujourd’hui, l’équipe de distribution nous montre de nouvelles photos. Comme les destructions sont massives partout, jusqu’à présent des véhicules d‘aide humanitaire se sont arrêtées lorsque les gens leur ont demandé de l’aide. Maintenant ces voitures vont plus loin dans la montagne et des bâches et des biens d’aide humanitaire peuvent y être distribués. Onze jours se sont écoulés depuis le tremblement de terre et les personnes, vivant dans les régions plus haut, n’ont pas encore reçu d’aide.

Beaucoup de personnes ont des lésions et des fractures qui n’ont pas encore été soignées. Elles racontent que la situation dans les hameaux plus éloignés est encore pire. Moins de gens vivent là-haut, mais il n’y a pas de routes carrossables. On a décidé de solliciter un hélicoptère de l’armée népalaise bien qu’on raconte qu’il n’y en a plus de disponibles. On veut essayer quand même pour pouvoir acheminer des bâches et des articles d’hygiène. On pourra aussi se rendre compte de la situation et offrir une aide encore plus adaptée.

Dans l’après-midi, un message nous parvient pour nous annoncer qu’on a de bonnes chances de pouvoir louer un hélicoptère demain. Immédiatement des camions sont chargés et envoyés à la base militaire.

Samedi 2 mai 2015: Coopération avec Helvetas – aide aux personnes réscapées

helvetas und solidar hilfe in nepal    Photos: Andrea Barrueto, Helvetas

À Katmandou la nouvelle, qu’un garçon de 14 ans a été retrouvé vivant sous les décombres quatre jours après le tremblement de terre, a fait sensation. Nous dévouons notre travail aux autres réscapé-e-s. La coopération avec Helvetas s’est bien mise en marche et chaque jour des camions partent en apportant des bâches en plastique aux gens qui ont tout perdu. Ils utilisent ces bâches sur les décombres qui étaient leur maison, pour se protéger ainsi que pour sauver les quelques biens qui leur restent.

Vendredi 1 mai 2015: réplique sismique en pleine nuit

Quand je me promène dans les rues de Katmandou le matin, je vois le quotidien reprendre le dessus peu à peu. Toujours plus de magasins, encore fermés avant-hier parce que les propriétaires devaient s’occuper de leurs familles, ouvrent de nouveau.
La nuit dernière un coup de tonnerre m’a tiré de mon sommeil. Une réplique sismique. Je suis tout à fait éveillé et je pense que je n’ai pas fait mon « grab bag » – le sac avec les choses les plus importantes comme : portable, argent, papiers et quelques denrées alimentaires. La réplique sismique a seulement duré quelques secondes et n’a pas causé de dommages à part le choc émotif. Mais les animaux du jardin zoologique tout proche se sont effrayés et leurs mugissements se sont fait entendre un bon moment avant que le calme nocturne ne revienne.

Jeudi 30 avril 2015: Une seule piste pour un pays entier – arrivée à Katmandou

  Kathmandu Solidar

L’avion doit faire des rondes pendant 40 minutes avant de pouvoir atterrir sur l’aéroport absolument surchargé. Sous la pluie et avec 14 degrés, d’innombrables palettes de dons humanitaires attendent leur enlèvement. Dans le hall d’arrivée l’atmosphère est étonnamment détendue : Les autorités ont mis des automates où les arrivant-e-s peuvent remplir leur demande de visa en ligne.
Sur le trajet qui mène en ville, on ne voit pas de dommages graves dus au tremblement, mais en chemin nous remarquons une rue dont plus de la moitié est bloquée à cause d’une fissure d’un mètre de large et de profondeur.